Qui perd la santé perd beaucoup, qui perd un ami perd encore plus, mais celui qui perd le courage perd tout. [Cervantès]

vendredi 11 septembre 2015

J+60

Cela fait une dizaine de jours que j'ai vu le chirurgien. J'avais prévu d'aller voir de la famille mais finalement je suis restée chez moi car l'aller-retour sur Paris m'a beaucoup fatiguée. Mais depuis quelques jours, les douleurs dues au voyage et au fait de reposer le pied par terre se sont atténuées. Je laisse facilement une béquille de côté lorsque je suis chez moi, et je fais même quelques pas sans béquille (pratique pour cuisiner !). Pour l'instant, je boîte énormément, mais cela devrait aller de mieux en mieux avec la récupération musculaire.

Quand je commence à avoir mal, j'ai toujours mon fauteuil roulant pas loin, ce qui me permet de continuer ce que j'étais en train de faire, sans devoir marcher. Je l'utilise aussi pour m’asseoir de façon confortable, car les chaises dures et sans accoudoirs sont encore trop inconfortables pour moi.

On me demande régulièrement si les douleurs que j'ai maintenant sont moins douloureuses que celles d'avant l'opération. Et bien non, pour l'instant, les douleurs post-op sont encore bien présentes, et il est encore trop tôt pour me prononcer sur une éventuelle amélioration de mon état. Il faut savoir être très patient !

vendredi 4 septembre 2015

Foire aux Questions lors de la consultation post-op

Questions en rapport avec l'opération


  • Sur le compte-rendu opératoire, il est noté qu'en plus de l'ostéotomie du bassin, le chirurgien a pratiqué un "sillon" au niveau du col du fémur, à quoi ça sert ?
Le chirurgien retire le surplus d'os,
responsable du conflit de hanche.

Cela sert à corriger le conflit fémoro-acétabulaire, malformation de la tête fémorale, qui n'est pas assez sphérique. C'est un effet secondaire fréquent chez les patients atteints de dysplasie de hanche.

  • Sur le compte-rendu opératoire, il est noté que le chirurgien a préféré de ne pas toucher au labrum, car il n'est que légèrement fissuré, et se réparera tout seul. Il faut combien de temps pour que le labrum se répare ?
Le labrum s'était fissuré car le fémur venait taper dessus et il n'y avait pas d'os pour le soutenir. Maintenant, grâce à l'opération, il y a de l'os derrière le labrum, donc il subit beaucoup moins de contraintes. La labrum va pouvoir se réparer en 3 mois environ.

Questions en rapport avec les douleurs post-op

    • L’œdème (douleur + gonflement) autour de la hanche opérée est toujours présent, est-ce normal ? 
    Oui, cela met du temps à se résorber.

    • J'ai une insensibilité du côté externe de la cuisse droite, avec parfois une vive sensation d'électricité en un point précis, à quoi est-ce dû ?
    Lors de l'opération, le chirurgien a sûrement dû sectionner un nerf. Il faut attendre plusieurs mois avant que la sensibilité ne revienne.

    • J'ai aussi des douleurs dans le haut de la fesse droite, quand je suis longtemps assise, et quand je plie trop la jambe, est-ce normal ?
    Oui, il faut attendre plusieurs mois avant que ces douleurs ne disparaissent.

    Questions en rapport avec la hanche gauche

      • Concernant ma hanche gauche, je n'ai pas de douleurs à la marche (comme la hanche droite) mais j'ai très mal lorsque je la plie au maximum, et je sens un ressaut quand je franchis les escaliers (ligaments qui frottent contre l'os). Quelles sont les mesures de prévention pour éviter d'opérer cette hanche ? Vaudrait-il mieux l'opérer avant d'avoir trop mal ?
      De l'avis du chirurgien, pour l'instant on ne fait rien. On a mis la hanche gauche à rude épreuve après l'opération, donc c'est normal qu'elle souffre. C'est elle qui a supporté le poids du corps pendant 50 jours. Maintenant que je peux ré-appuyer sur la jambe droite, ça devrait aller mieux progressivement. On va attendre que la hanche droite soit totalement rétablie, puis on verra s'il faut prendre en charge la gauche.

      Questions sur l'avenir

        • La modification du bassin peut-elle entraîner un déséquilibre du bassin et donc des troubles de la marche ? Faut-il porter des semelles orthopédiques ?
        A priori non, il n'y aura pas de déséquilibre, car selon lui, la hanche gauche est moins touchée que la droite.

        • Y a-t-il des risques pour le bassin en cas de grossesse ?
        Une fois que le bassin est bien consolidé (environ 3-4 mois) il n'y a pas de risque de douleurs. L'opération ne touche en aucun cas la sphère génitale, donc il n'y a pas de soucis à avoir.

        • J'ai lu que l'ostéotomie périacétabulaire préservait la hanche pendant une vingtaine d'année, mais que l'arthrose et la prothèse étaient tout de même inévitables. Quelles sont les précautions à prendre pour repousser au maximum l'échéance ?
        Tout d'abord, le chirurgien me dit que grâce à l'opération, il est possible d'éviter la prothèse. Ce serait une bonne nouvelle si cela pouvait être mon cas ! Par contre, ce qui arrive parfois au bout de plusieurs années, c'est qu'une des vis irrite un tendon. Dans ce cas, il faut opérer pour l'enlever.

        Concernant les précautions à prendre, le chirurgien n'interdit aucune pratique sportive, à part les sports violents, avec sauts, coups de pieds, etc. Il n'interdit pas non plus le travail debout, mais il me signale que chaque patient est différent, et qu'il faut voir au cas par cas.





        jeudi 3 septembre 2015

        J+50 : Consultation post-op chez le chirurgien

        Nous y sommes ! Un mois et demi est passé depuis l'opération de la hanche, et il est temps de rencontrer le chirurgien pour ma visite de contrôle. Voici le résumé de mon petit périple dans la capitale ...

        4h30 : levée aux aurores pour prendre le TGV jusqu'à Paris (3h de trajet). J'ai réservé une place en première classe car les sièges sont plus confortables pour le bassin, et il y a plus d'espace pour étirer la jambe. Mon conjoint m'accompagne pour m'aider, car je marche avec des cannes anglaises et il est difficile de porter le sac à main et les radios, prendre le bus, sortir les papiers sans faire tomber les béquilles, etc ...
        Le trajet se passe bien côté douleurs. Ce n'est pas très agréable mais largement faisable (il y a toujours un moment où ça tiraille, mais ce n'est pas pire qu'à la maison).

        Une fois en gare de Lyon, le plus dur a été de marcher jusqu'à l'arrêt de bus, car la gare est immense, et il suffit que notre wagon soit au bout de la voie pour que le trajet soit interminable. Mais comme j'avais prévu d'arriver bien en avance au RDV, j'ai pris mon temps, m'arrêtant régulièrement pour soulager tantôt mon poignet, tantôt ma jambe, jusqu'à arriver à l'arrêt de bus. La clinique est à 10 minutes de la gare, donc le trajet en bus se passe bien, notamment car il y avait des places assises. 

        Arrivée à la clinique, je dois au préalable faire des radiographies du bassin (face et profil). Tout se passe bien, à part qu'ils ont voulu me faire deux fois les radios (erreur d’organisation de la part du personnel) !

        Une heure plus tard, je rencontre le chirurgien. En voyant mes radios, il me dit qu'il est très content du résultat, que l'os a bien commencé à se ressouder. Par conséquent, j'ai de nouveau le droit de réappuyer sur ma jambe droite. 
        Il me fait faire le test. Je marche avec mes cannes anglaises, en posant le pied droit. Impeccable. Maintenant, il me demande d'essayer avec une seule béquille. C'est beaucoup plus difficile, la jambe opérée n'a pas un mouvement normal, le bassin est totalement tordu, j'ai l'impression d'être un canard boîteux ! Mais j'avance ! Par contre, lorsqu'il me demande de marcher sans rien, alors là je n'avance plus lol !! C'est vraiment trop douloureux, et la jambe se dérobe (d'autant plus que les muscles ont fondu).

        Son conseil, c'est de commencer au début par s'aider des 2 cannes anglaises. Puis, quand j'aurais moins mal, je pourrais passer à une seule (notamment quand je suis à la maison et que j'ai très peu de pas à faire). Ensuite, je pourrais aussi prendre la béquille à l'envers, "à la manière d'une canne de marche" (comme les personnes âgées). Par contre, à la moindre douleur dans le bassin, je dois reprendre les 2 cannes pour marcher. Il ne faut pas que je force, tout doit se faire en douceur. En effet, le bassin n'est pas encore tout à fait solide, il sera totalement consolidé d'ici 3 mois.

        En complément, il me conseille de faire du vélo d'appartement (le vélo en extérieur entraîne le risque de chute et est donc déconseillé), et même de la piscine si c'est possible. Je vais donc profiter des séances qu'il me reste chez mon kiné,  mais il va falloir attendre que je puisse reconduire, et le chirurgien me dit d'attendre encore un peu ...

        Au final, il examine ma cicatrice, et me dit qu'elle est encore bien rouge, et que plus tard elle ne se verra quasiment plus ! Je suis ravie, car je la trouve déjà jolie. Ensuite, je m'allonge sur la table d'observation. Il me manipule la jambe droite (rotations interne et externe, la hanche est bien mobile), mais je n'arrive pas à lever la jambe sans plier le genou. Il me dit que c'est normal, il faut que l'articulation se remuscle. Quand je suis debout, le levé de jambe est très douloureux aussi, mais c'est normal, on ne récupère que tardivement ce mouvement.

        Puis, le chirurgien répond à la liste de toutes les questions que je voulais lui poser (Voir article "Foire aux Questions lors de la consultation post-op"). Je devrais ensuite le revoir dans 3-4 mois pour faire un bilan.

        Le retour fut assez difficile. Le TGV était à l'autre bout de la gare, et notre wagon était en queue de train ! Le soir, j'ai mal partout (des pieds à la tête ^^). Je vais avoir des courbatures pendant plusieurs jours, ce trajet m'a complètement cassée, mais le moral est bien là après toutes ces bonnes nouvelles !






        mardi 25 août 2015

        Evolution de la cicatrice [mise à jour régulière]

        Les photos sont prises avec un téléphone portable, donc la qualité n'est pas excellente, mais ça donne une idée de la cicatrisation au fil du temps ...

        J+26
        J+28

        J+32

        J+43

        J+53

        J+63
        J+70

        J+80

        J+40

        La petite virée du week-end dernier m'a donné envie de me balader un peu plus ! Ça tombe bien, mes beaux-parents sont venus pour le week-end, c'est l'occasion de leur faire visiter un peu la région. Il y a un restaurant qu'on veut leur faire découvrir à Cavaillon, donc je me renseigne sur Internet voir s'il y a des balades accessibles aux personnes à mobilité réduite dans le coin. Comme d'habitude, pas facile de trouver un endroit adapté ... Je trouve néanmoins un petit circuit en bas de la colline Saint-Jacques.
        Les 45 minutes d'autoroute se sont bien passées. Cette fois, on a pris le cross-over de mes beaux-parents, car il fallait faire rentrer 4 personnes + le fauteuil roulant. Le véhicule étant plus haut, j'ai eu plus de mal à lever ma jambe droite pour entrer à l'intérieur.


        Arrivés à destination, nous ne trouvons pas le circuit prévu. Encore une fois, c'est très mal indiqué, et nous nous retrouvons tout en haut de la colline. La vue est très belle, donc je débarque (c'est vraiment le mot !) avec mon chariot, et mon homme me pousse jusqu'en haut de la falaise ... pour que je puisse photographier ! (un de mes passe-temps favoris). Je ne peux pas aller plus loin car le chemin devient assez raide, donc nous décidons de rebrousser chemin pour tenter de trouver ce fameux circuit.


        Et là, miracle, mes yeux tombent sur l'entrée du parc ! Cette fois, c'est vraiment prévu pour les handicapés, car il y a une place de stationnement prévue pour, ainsi que des trottoirs adaptés. La petite balade est très jolie, bordées d'arbres et de falaises. Il y a un parcours de santé, des endroits prévus pour l'escalade, des bancs, des aires de pique-nique ... Le fauteuil roule bien, je suis à l'aise, je n'ai aucune douleur.



        Malheureusement, nous ne faisons qu'un petit tour, car il est temps d'aller manger ! Petit problème, le parking devant le restaurant est complet, et la place handicapée est prise. On comprend rapidement les difficultés d'une personne handicapée en plein centre-ville. Une place se libère enfin, mais je dois descendre avant car il me faut de la place. Au départ, j'avais prévu d'aller au resto en fauteuil roulant, mais vu les problèmes de parking (et aussi par fierté), je me suis sentie capable d'y aller en béquilles. Il y a des chaises assez confortables, avec des accoudoirs, donc je suis somme toute assez bien assise. Au pire, quelqu'un ira me chercher le fauteuil dans la voiture.

        Le repas se passe très bien, mes bras posés sur les accoudoirs permettent de soulager mon bassin. Encore une victoire ! 



        Seul petit bémol technique lors de ces balades : impossible d'aller aux WC ! En effet, comme je suis obligée de poser mes mains sur la cuvette pour m’asseoir et me lever, je ne préfère pas utiliser les toilettes publics ou ceux d'un restaurant , aussi propres soient-ils !!!

        dimanche 16 août 2015

        J+30 : petite balade en voiture


        Ce week-end, j'ai très envie de sortir prendre l'air ! Il fait beau, c'est l'occasion d'aller se balader au bord du Rhône. J'ai pris quelques renseignements sur Internet, apparemment il y a un sentier écologique pas loin de chez moi, accessible aux personnes handicapées.
        Fauteuil roulant dans le coffre, goûter dans le sac et appareil photo à la main, nous sommes prêts !
        J'arrive facilement à m'installer à l'avant de la voiture, si on m'aide un peu à soulever ma jambe droite. L'assise est assez confortable, et je n'ai pas mal.

        Après quelques difficultés à trouver le lieu de promenade, nous arrivons enfin au parking. Petit problème, celui-ci est un peu en contre-bas de la route, et pas goudronné. Monsieur joue donc des bras pour pousser le fauteuil jusqu'à la route bien lisse. Mais à l'entrée du sentier écologique, rien n'est indiqué ! Nous roulons un peu au hasard pour tenter de trouver un chemin adapté aux fauteuils, mais il n'y a que de la terre et des cailloux ! C'est super pour faire du vélo, mais c'est dur de pousser un fauteuil sur ce sol bancal. En tout cas, le mien n'est pas tout-terrain, et l'on peine à avancer sur ce chemin caillouteux. On essaye tout de même d'avancer un peu ...

        L'endroit est tranquille et joli. On voit le Rhône, on est dans la nature, sous les arbres, il y a beaucoup d'ombre, ... Malheureusement, nous faisons attaquer par une nuée de moustiques ! 
        De plus, les secousses commencent à me faire mal dans la hanche, surtout quand le fauteuil est arrêté net par un gros caillou ! Nous décidons de rebrousser chemin, et de nous balader plutôt en voiture ...


        Château de Clary


        Sur le chemin du retour, nous apercevons un château au loin, et nous décidons d'aller voir de plus près.



        En tout cas, les balades, c'est quand même plus simple quand on est en voiture ;-) La bonne nouvelle, c'est que je supporte bien le trajet ! Il est vrai que je prends toujours les médicaments antidouleurs, et que parfois ça tire un peu dans l'aine, mais c'est largement supportable. Cela dépend peut-être aussi de la voiture. Au final, c'est le moral qui est remonté à bloc ! Vivement la prochaine virée.






        vendredi 14 août 2015

        1 mois post-op !

        Petit bilan un mois après l'opération

        Le mot qui me vient de suite à l'esprit un mois après l'opération, c'est autonomie ! Alors oui j'ai encore mal à la hanche, oui je ne peux toujours pas marcher sans béquille, et je me déplace en fauteuil roulant... Mais je suis capable de me doucher seule et de franchir les escaliers (depuis 2 semaines), j'arrive à me laver les doigts de pied seule, et me les sécher (ça tire, mais c'est faisable), et depuis une semaine, je suis capable de mettre mes bas de contention sans aide (bon là j'avoue que c'est assez douloureux à chaque fois, car je me plie beaucoup) et de me faire à manger. Cette autonomie, je suis bien contente de l'avoir acquise, car premièrement je n'avais plus trop le choix (ma mère et mon conjoint ne sont plus en vacances pour m'aider), et deuxièmement, ça motive, c'est bon pour le moral !

        Car du côté des douleurs, c'est mitigé. Le point positif, c'est que je n'ai presque plus de "douleurs post-opératoires" dans la jambe. L’œdème au niveau de la cuisse s'est bien résorbé, même s'il est toujours là, les muscles sont beaucoup moins endoloris (merci l'eau chaude), ma jambe est plus mobile, je n'ai plus mal lorsque je ne bouge pas.
        Par contre, j'ai toujours de fortes douleurs dans la hanche lorsque je mobilise mon bassin, et notamment lorsque  je m’assois. Le quadriceps est encore douloureux (je ne peux pas relever ma jambe sans m'aider de mes bras), mais apparemment c'est normal, c'est le muscle qui récupère le moins vite.

        La nuit, j'arrive à dormir sur le côté gauche (c'est un vrai plaisir pour moi qui n'aime pas dormir sur le dos), et du coup mon coccyx se porte mieux. Le soucis, c'est quand je veux bouger et me remettre sur le dos, ça me fait très mal, et je me réveille toutes les nuits (alors qu'avant je dormais d'une traite). C'est dû au fait que je n'ai plus le dossier relevé lorsque je suis sur le dos. Je sens que ça tire sur la hanche et le bassin.

        Dans tous les cas, dans deux semaines je revois le chirurgien, donc je ne m'inquiète pas pour le moment. Il m'a prévenu qu'il fallait du temps avant d'avoir des résultats positifs, donc je patiente, en espérant voir une évolution d'ici peu !