Mon blog a pour but de raconter mon expérience concernant la maladie luxante de hanche, encore appelée luxation congénitale de hanche ou dysplasie de hanche.
Elle se définit comme un défaut architectural de la cavité cotyloïdienne. C'est une maladie congénitale, c'est-à-dire qu'elle est présente dès la naissance.
Qui perd la santé perd beaucoup, qui perd un ami perd encore plus, mais celui qui perd le courage perd tout. [Cervantès]
Depuis le retour à la maison, je marche quasiment sans béquilles ! La forte boiterie a disparu en une semaine, il ne me reste qu'une légère boiterie quand je marche plus longtemps.
Pendant les deux premières semaines, les douleurs dans le haut de la cuisse sont très présentes. Ce sont les muscles qui sont douloureux. Je glace plusieurs fois par jour, et je prends les médicaments prescrits par le chirurgien pour 15 jours (anti-inflammatoires et antidouleurs).
Côté rééducation, j'ai commencé par faire du vélo d'appartement sans résistance, à raison de 15 minutes matin et soir. J'alterne le pédalage "en avant" et "en arrière" afin de mobiliser les différents muscles.
Deux semaines plus tard, vu que l'articulation n'était plus censée être inflammée, j'ai commencé à intensifier les séances. Je fais entre 30 et 40 minutes matin et soir, avec une résistance moyenne. Après les séances, j'essaye de bien étirer les muscles de la cuisse, car ils sont encore très douloureux en mobilisation active (la mobilisation est passive avec le vélo, donc non douloureuse).
Je fais aussi des exercices assise sur une chaise : j'essaye de lever la jambe opérée (soit tendue, soit pliée). C'est très difficile, la douleur est vive dans l'aine et le haut de la cuisse, et les muscles n'ont pas de force. Au bout d'un mois post-op, j'ai encore beaucoup de mal à lever cette jambe (je la décolle de 5 cm environ). Ensuite, je masse les muscles pour les relaxer.
Après l'arthroscopie, j'avais toujours les mêmes craquements douloureux dans l'aine. Je commençait à m'inquiéter, donc je me suis renseignée et j'ai découvert que ce pourrait être un ressaut du muscle psoas, qui entraînerait une irritation au niveau de l'aine (bursite). Il est très difficile de faire la différence avec une fissure du labrum, car les symptômes se ressemblent fortement.
J'ai donc contacté mon chirurgien, il m'a confirmé que les douleurs provenaient sûrement du psoas, et qu'il fallait que je fasse des étirements et du renforcement musculaire.
J'ai donc décidé, en complément de la rééducation à la maison, de prendre rendez-vous avec un kinésithérapeute "méziériste". L'intérêt de la méthode est qu'elle prend en compte le corps dans sa globalité, qu'elle est adaptée à chaque personne, qu'elle fait travailler toutes les chaînes musculaires, et qu'elle est non invasive, contrairement à la kinésithérapie classique.
A plus d'un mois post-op, j'ai beaucoup moins de craquements dans l'aine, mais toujours de fortes douleurs à la mobilisation active du psoas. Il faut être très patient et bien travailler régulièrement les muscles afin de récupérer la masse musculaire perdue.
La bonne nouvelle, c'est que dernièrement, j'ai pu faire quelques belles balades à pieds sans douleurs ! Au début, c'était 10 minutes, puis 30 min, 1h ... Au bout d'un moment, je sens que les muscles n'arrivent plus à suivre et je recommence à boiter et avoir une sensation d'inconfort, mais je sens qu'à chaque balade, j'arrive à aller un peu plus loin !
J'ai aussi beaucoup de douleurs dans le dos, ce qui me limite aussi dans mes balades ou lors d'une position assise prolongée. Mais heureusement, je possède une ceinture lombaire qui diminue fortement les douleurs, le temps que je me récupère musculairement.
Concernant le soin de la cicatrice, j'ai retiré mon pansement au bout de 10 jours. Les deux points sont beaux, alors je les protège avec un petit pansement classique pendant 2 ou 3 jours.
Quand il n'y a plus eu de croûtes (quelques jours), j'ai commencé à mettre de la crème cicatrisante Cicalf*te de Av*ne le matin, et le gel de silicone Dermat*x le soir.
8 mois après mon ostéotomie périacétabulaire droite, j'ai toujours très mal dans l'aine, j'ai même l'impression que ça s'est empiré ces derniers mois. Mon arthroscopie est programmée pour le 16 mars 2016.
Voici le déroulé de mon hospitalisation :
J-1 (veille de l'intervention)
- 16h45 : arrivée à la clinique, après 3h de TGV.
- 17h : arrivée dans la chambre, présentation de l'infirmière du service, mise en place du bracelet d'identification et radiographies pré-op.
- 18h : visite de l'anesthésiste et prise de sang (car je n'avais pas sur moi les résultats de la prise de sang demandée par le chirurgien, pourtant faxée à l'anesthésiste). Il me donne le droit de garder mes lunettes de vue au bloc, pour que je puisse suivre l'intervention sur l'écran de télé.
- 19h : visite du chirurgien. Je lui explique que je suis rentrée à J-1 car avec un trajet de 3h de train, il était impossible d'arriver tôt le lendemain. J'en profite pour lui demander s'il va réparer le labrum, il me répond que ça dépendra de ce qu'il voit lors de l'opération.
- 19h30 : prise du médicament Lyrica 75 (en prévention des douleurs post-opératoires) et première douche antiseptique à la Bétadine Scrub.
J0 (jour de l'intervention)
- 6h45 : prise de la tension (10/5) et de la température (36,5).
- 8h30 : petit déjeuner copieux, prise de Lyrica 75, puis consigne de ne plus manger ni boire. Je dois descendre au bloc vers 13h30 ou 14h.
- 11h : deuxième douche antiseptique et habillage pour l'intervention (charlotte, tunique, culotte, bas de contention ATH, sur-chaussures). Puis, l'infirmière vient marquer la zone à opérer.
- 15h : le brancardier m'amène au bloc opératoire. L'infirmière me pose un scope sur le doigt pour la mesure de ma fréquence cardiaque. Ensuite, elle place un cathéter veineux au niveau du poignet, et injecte un mélange de médicaments anxiolytiques et antibiotiques.
Cela me crée une légère somnolence avec quelques hallucinations assez drôles (j'ai l'impression que les meubles autour de moi se transforment ^^).
Je joue aussi à tenter de diminuer ma fréquence cardiaque, qui est à 99 à cause du stress. L'infirmière me dit que pour y arriver, il faut que je pense à autre chose. Ça ne fonctionne pas, mais ça m'aide à faire passer le temps, car au final je vais attendre 2h sur le brancard ! En effet, l'opération du patient précédent prend un peu plus de temps. Heureusement que le coussin sous ma tête est très confortable !
- 17h : l'anesthésiste vient me voir et me demande si je veux un sédatif lors de la piqûre pour la rachi-anesthésie, car celle-ci peut faire mal. Je réponds que je ne veux pas dormir, que je veux pouvoir assister à l'opération par la suite.
Je lui demande par la même occasion si je n'aurais pas de problème pour uriner, il me répond qu'après l'opération il peut se produire un blocage de la vessie et qu'il vaut mieux que je fasse au bassin maintenant si j'ai envie. Pas très commode la position allongée :-\
- 17h30, l'anesthésiste m'injecte le produit anesthésiant dans le bas du dos. Progressivement, je sens des fourmillements dans mes jambes, puis tout le bas du corps s'engourdit. En quelques minutes, je ne sens plus rien à partir du nombril. J'essaye de bouger mes jambes mais le corps ne répond pas, c'est une sensation très désagréable qui me donne vite des nausées, donc j'arrête de tenter de bouger quoi que ce soit et je me laisse aller, pendant que le personnel soignant m'installe sur la table d'opération.
Je suis bien calée grâce à des cales moelleuses et j'ai un poteau entre les jambes pour que je ne glisse pas pendant la traction. Mon bras droit est maintenu sur mon torse à l'aide d'un drap, afin de ne prendre aucun risque de toucher la zone opérée pendant l'opération. Puis on me place le champ opératoire bleu, qui adhère autour de la zone à opérer, ainsi qu'un champ transparent par-dessus.
L'anesthésiste me parle, et blague un peu pour que je sois rassurée. L'aide-soignante affiche mes radios pré-op sur un des murs du bloc, et un infirmier allume la radio. C'est assez comique d'entendre du R'n'B dans un bloc opératoire !
- 18h : quand tout est prêt, le chirurgien arrive au bloc et commence l'arthroscopie. En premier lieu, il insère la caméra, puis les outils. Je peux voir la vidéo sur un écran de télé situé juste à ma gauche.
Je vois qu'il ouvre la capsule, puis il me montre le labrum. Au départ, il me dit que le labrum est bien, mais quand il fouille un peu plus, il trouve la zone abîmée, jaunâtre. Il me dit que normalement, le labrum est blanc nacré, et qu'effectivement il n'est pas beau à cet endroit. Il enlève donc les parties abîmées. Je lui demande pourquoi ce n'était pas visible lors de l'ostéotomie de juillet dernier, il me répond que c'est difficile à repérer sans microscope, et que grâce à la caméra on peut mieux visualiser les zones abîmées.
Vidéo qui illustre bien la manière dont le chirurgien a réséqué mon labrum
Ensuite, il inspecte le tête du fémur, et il y trouve de nombreuses adhérences, qui ne devraient pas être là. Il me dit que les douleurs viennent en grosse partie de cette fibrose, donc il met un bon moment à tout enlever. Au passage, il me montre un ligament qui maintient la tête du fémur. Je lui demande si ça arrivait souvent d'avoir des adhérences, il me répond que c'est la première fois qu'il voit ça !
Une fois qu'il a fini, il me dit qu'il va falloir que je fasse du vélo d'appartement dès mon retour à la maison, à raison de 3 séances de 10 min par jour, pendant au moins 2 mois. Il ne faut pas que ces adhérences reviennent.
-19h : je suis en salle de réveil, et je commence à faire des micro-mouvements avec mes jambes. Ma tension est de 9/5. Par contre, j'ai très froid et je tremble énormément. L'infirmier de réa me met une couverture chauffante et ça va déjà un peu mieux. Il me prévient que je pourrais partir dans 15-20 minutes. A cause du risque de blocage de la vessie, il me conseille de ne pas boire plus d'un verre d'eau ce soir. Ça va être dur, car j'ai terriblement soif.
- 19h30 : arrivée dans ma chambre. Je suis encore bien paralysée, le brancardier me met dans le lit et l'infirmière apporte mon repas et une poche de glace pour les douleurs. Elle se rappelle de mon hospitalisation l'été dernier, car apparemment j'étais une gentille patiente (et je suis restée une petite semaine dans le service lol).
Je n'ai aucune nausée, aucune vraie fatigue, je me porte super bien ! J'ai encore beaucoup de tremblements, donc je mets le chauffage à fond et je me couvre. Je bois mon verre d'eau et prends les médicaments post-op (anti-inflammatoire, protecteur d'estomac, anti-douleur codéiné et Lyrica 75).
Le chirurgien est passé dans ma chambre quand j'étais encore en salle de réveil, donc il n'a pas pu tenter de me lever. Je décide donc d'essayer, avec l'aide de mon conjoint, et avec mes béquilles. Je n'appuie pas sur la jambe opérée car je ne sais pas si j'ai le droit. J'ai un léger malaise, sûrement dû à la tension basse, donc je me rallonge tranquillement. Pour ce soir, ce sera pipi au bassin (fort heureusement, je n'ai eu aucun blocage).
J+1
- 6h30 : passage de l'infirmière pour prise de tension (9/6) et température (correcte).
- 9h : visite du chirurgien, qui m'annonce que j'ai le droit de me lever sans béquilles, et donc d'appuyer sur ma jambe opérée. C'est un réel soulagement, j'arrive à me lever et à marcher seule ! Je boîte beaucoup, et j'ai très mal aux muscles, mais je suis autonome :-)
Il me dit que je pourrais reprendre la natation quand la cicatrice sera bien fermée et les croûtes disparues, donc d'ici 3 semaines. En attendant, je dois faire les séances de vélo d'appartement.
- 10h : visite du kinésithérapeute. Il me dit que l'inflammation dans l'articulation va durer environ 3 semaines, donc il ne faut pas que je mette de force dans le vélo avant ce délai. De plus, il me conseille de commencer par 5 minutes de vélo 2x par jour, et de faire en fonction de mes douleurs. Il ne faut pas que je force. Il me conseille aussi de marcher un petit peu chaque jour et de bien glacer mon articulation avec les poches de froid, au moins 4 à 5x par jour.
- 11h : douche avec l'aide de mon conjoint, notamment pour atteindre les pieds ! L'infirmière passera faire mon pansement après. Pour l'instant, il ressemble à ça :
Il n'est pas imperméable à l'eau, donc l'infirmière l'a recouvert de film plastique pour le protéger lors de la douche.
Une fois le pansement refait, il ressemble à ça :
- 17h : sortie de la clinique. J'ai commandé un taxi personnel, car la Sécurité Sociale ne me rembourse pas le VSL auquel j'aurais droit si j'avais été opérée dans mon département ...
Les 3h de train se sont bien passées, j'avais mis une poche de froid et je m'étais placée côté couloir afin de pouvoir étendre ma jambe si besoin.
Je suis donc de retour à J+1, ce qui fait une sacrée différence avec l'ostéotomie périacétabulaire ! Du coup, le moral est excellent ;)