Qui perd la santé perd beaucoup, qui perd un ami perd encore plus, mais celui qui perd le courage perd tout. [Cervantès]

jeudi 16 juillet 2015

J+1

La perfusion de cette nuit et les massages de la jambe faits par mon conjoint m'ont aidée à dormir quelques heures. J'arrive à relever mon dos sans avoir l'envie de vomir, donc je peux avaler mon petit déjeuner, appétissant puisqu'il est composé de croissant, pain, beurre, confiture et chocolat chaud. 

Le chirurgien passe tôt dans la matinée. Il me dit que vu la douleur, on ne va pas essayer de me lever de suite, aujourd'hui je me repose, je fais quelques mouvements de jambe. Il ne faut pas que j'hésite à demander une piqûre de morphine si la douleur est trop importante. Il me dit que je pourrai sûrement sortir vendredi. 

Retrait du cathéter veineux au niveau de la main.
L'aide-soignante me lave au gant et l'infirmière refait mon pansement. Je ne vois pas la cicatrice car elle est recouverte de "strips", petites bandelettes qui permettent de refermer les bords d'une plaie. Elle me dit que l'hématome va migrer vers le haut et vers le bas. 

La kiné passe en fin de matinée, et elle confirme qu'on va me laisser allongée pour aujourd'hui.


Premier vrai repas - pas très convaincue -


L'après-midi, j'ai vraiment très mal, donc je demande une piqûre de morphine. Cela me provoque des étourdissements et des vertiges donc je m'allonge. 

Mon oncle et mon père sont venus me voir en fin d'après-midi. Ça m'a fait du bien de recevoir de la visite car j'ai pu penser à autre chose qu'à la douleur.

Le soir, le repas n'est pas très bon et trop lourd. J'ai un noeud à l'estomac et je n'arrive à manger que l'entrée et le dessert.
La nuit se passe très bien, j'arrive à dormir d'une traite pendant 7h !

mardi 14 juillet 2015

Le traitement pendant la semaine d'hospitalisation

Voici les traitements que j'ai reçus pendant ma semaine à la clinique :

- A mon réveil en salle de réanimation, on m'a administré une dose de morphine par le cathéter veineux périphérique (placé sur le dessus de la main).

- Injection d'une dose unique d'antibiotique en intraveineuse.

- La première nuit, j'ai eu tellement mal que l'infirmière a du me poser une perfusion de paracétamol + anti-inflammatoire. Elle n'a pas voulu me donner de morphine car la précédente injection m'a fait vomir.

Les jours suivants :

- Quatre fois par jour, je prends 2 comprimés de paracétamol + codéine (D*falg*n C*déiné)

- Quand la douleur n'est pas calmée par ce traitement, je prends une ampoule d'un autre antidouleur d'action centrale (Ac*pan), administré sur un sucre car très amer.

- Si malgré cela, les douleurs sont trop importantes, on m'injecte une dose de morphine en sous-cutané. Le produit est très irritant, cela fait comme une piqûre de guêpe sur la peau. Cela ne s'est produit qu'une fois, à J+1.

- Matin et soir aux repas, je prends un anti-inflammatoire  (C*lébr*x), avec un protecteur d'estomac (In*p*mp) pour éviter les effets indésirables dus à ce dernier.

- En prévention d'un événement thrombo-embolique (type phlébite), je reçois tous les matins une dose d'anticoagulant (L*ven*x) par voie sous-cutanée, et je porte des bas de contention ATE (Anti Thrombo-Emboliques).

- J'ai aussi bénéficié d'un traitement préventif et curatif par homéopathie, prescrit par le chirurgien, et qui permet de diminuer les effets secondaires d'une chirurgie (hématomes, pertes liquidiennes, ...).

- De plus, l'anesthésie, les morphiniques et la station allongée provoquent une importante constipation, qu'il faut traiter impérativement par des laxatifs au début (lactulose, macrogol, ...), puis grâce à une alimentation riche en fibres et un peu de marche une fois rentrés à la maison. J'ai dû insister auprès des infirmières, car au début elles me disaient d'attendre, mais les douleurs de ventre étaient trop importantes ! Et avec l'interdiction de "pousser", ça peut vite devenir un calvaire ...



- Une prise de sang est réalisée chaque matin, afin de contrôler les taux sanguins et vérifier qu'il n'y ait pas d'inflammation ou infection. De 14 g/dl d'hémoglobine, je suis passée à 9 ! Cela équivaut à une perte de sang d'environ 1,6L ... De même, la tension et la température sont prises chaque matin. Les premiers jours, ma tension était très basse, aux environs de 9/6.

Quant à la cicatrice, elle est recouverte de nombreux strips, qui aident à suturer la plaie, ainsi qu'un pansement composé d'un film imperméable transparent avec une compresse centrale. Celui-ci est changé tous les 2 jours, après désinfection (par-dessus les strips) avec de la B*tadine.

lundi 13 juillet 2015

Jour J post-op !

Après m'avoir descendue au bloc, installé mon cathéter et injecté de l'Hypnovel, je me réveille en salle de réanimation. Je ne me suis rendue compte de rien. Je sens qu'on m'enlève le tuyau qui me permettait de respirer, et qu'on me place un masque. Tout doucement, je me réveille. Je suis contente car je n'ai pas trop mal. L'horloge indique 16h, l'opération a dû durer environ une heure. J'ai une sonde urinaire, car je ne vais pas pouvoir marcher les premiers jours.
Plus l'heure avance, plus je sens la douleur qui apparaît dans ma hanche. L'infirmier me demande si j'ai mal, je lui réponds que c'est encore supportable, mais il me dit qu'il ne faut pas attendre d'avoir très mal. Il m'injecte donc une dose de morphine en intraveineuse. Le chirurgien passe me voir, il regarde si je peux bouger ma jambe (au cas où un nerf aurait été sectionné). Il me conseille de mobiliser mon genou dans tous les sens et de me redresser pour calmer la douleur. 




A 17h, je remonte dans ma chambre. Mais le fait de me relever me fait vomir de suite. Je reste donc allongée. Je place des poches de glace sur ma hanche pour soulager la douleur.
Le soir, la clinique a prévu un repas copieux, et je n'ai vraiment pas envie de manger. L'aide-soignante me propose plutôt du jambon avec du pain et du beurre, plus facile à avaler que de viande et des féculents trop épicés !

La nuit est difficile. Je me réveille toutes les 2h, car la douleur est insupportable. A 3h40, je sonne l'infirmière, et elle me pose une perfusion d'anti-douleur + anti-inflammatoire. J'arrive à me rendormir un peu.

Compte-rendu opératoire

COMPTE RENDU OPÉRATOIRE

Rappel clinique :
il s'agit d'un patient qui présente une dysplasie de hanche extrêmement douloureuse.

Ostéotomie périacétabulaire droite et ouverture capsule avec création d'un sillon sur la face antérieure du col à la jonction tête col

Intervention :
Anesthésie générale, décubitus dorsal, table orthopédique.
Abord bikini inguinal.
On désinsère par une pastille osseuse toute l'arcade crurale qu'on emporte dedans. On passe en dedans du fascia lata. On désinsère la membrane obturatrice. On retrouve le sillon rétrocotyloïdien et on pratique le premier trait d'ostéotomie en utilisant les ciseaux de Mast et les ciseaux de Ganz pour faire un trait bien régulier.
On va ensuite sectionner le pubis au ras du cotyle et le troisième trait en partant de l'épine iliaque antéro-supérieure vers le détroit supérieur perpendiculaire à celui-ci.
Le dernier trait rejoint le premier et le troisième en passant un centimètre en avant du bord postérieur de l'os coxal.
On mobilise le cotyle sans trop de difficultés, on va pouvoir lui retrouver une bonne position en modifiant l'angle acétabulaire d'environ 20° sans augmenter la rétroversion. On stabilise par deux vis.
Ouverture de l'articulation, on vérifie le labrum, celui-ci est de petite taille et semble relativement correct. On ne va donc pas y toucher, ni le réséquer, ni le réinsérer. On lâche la traction, on referme l'articulation par deux points.
Grand lavage.
Fermeture sur drain de redon.
Une dernière vis maintient la pastille d'épine iliaque antéro-supérieure.

Soins post-opératoires :
Pas d'appui pendant 45 jours.

Jour J !!

Le jour J est arrivé !
Je suis arrivée hier en début d'après-midi. Un peu galère de prendre le train et le bus avec la valise, les béquilles et le fauteuil roulant. Mais Flavien a bien géré, heureusement qu'il était là ! 

Installation dans la chambre, changement de chambre car trop petite pour deux, dossier médical organisé par l'aide-soignante, 2 prises de sang, radios de la hanche, tension, température, passage de l'anesthésiste, choix des petits déjeuners, repas (trop épicé !!), petit film, douche désinfectante,  puis dodo.
Réveillée à 4h de matin (trop stressée), j'essaye de me rendormir mais impossible. 

A 7h, prise de la tension et de la température. 
7h45 : Passage du chirurgien, qui regarde les radios d'hier. L'aide-soignante me prévient qu'il ne faut plus rien avaler après le petit-déjeuner. 
8h : Petit-déjeuner sans résidus pour moi... Et pour Flavien ! Ils ont oublié la moitié de son repas, mais promis ce sera mieux demain. J'appelle pour demander que le repas de ce soir soit sans poivrons, mais il y en a dans tous les plats :-(


Douche désinfectante prévue à 12h, préparation au bloc et opération prévue pour 14h...


vendredi 3 juillet 2015

J-10 avant l'opération

Une ostéotomie péri-acétabulaire (ostéotomie de Ganz) est prévue pour le 13 juillet !

En attendant, mon trouillomètre est à zéro, comme on dit ^^

mardi 2 juin 2015

Consultation avec le Chirurgien Orthopédique N°5

Me voici donc à Paris, de nouveau pleine d'espoir !
Je suis assez confiante, ce chirurgien est un grand nom de la chirurgie de la hanche. Il a publié de nombreux articles sur le sujet, les avis des patients sont bons, et il est mentionné sur plusieurs forums en tant que référence en France pour les pathologies de la hanche.



Le trajet depuis le sud de la France est difficile, car cette fois je suis seule, je dois tirer ma valise et avec une main qui tient la béquille, ce n'est pas toujours évident. Le trajet en train est assez confortable car à l'aller je suis en première, et je peux étendre ma jambe.





Arrivée en Gare de Lyon, pause déjeuner au Montreux Jazz Café en attendant mon papa. Il paraît que leurs hamburgers sont bons ^^




Mais parlons un peu de cette fameuse consultation ...
Après avoir vu mes radios, mon IRM, mon arthroscanner, et avoir fait l'examen clinique, il confirme totalement le diagnostic du précédent chirurgien ! Il a lu sa lettre après avoir posé le diagnostic, donc il n'a pas été influencé. De plus, il me dit que le précédent chirurgien a été son élève, et se réjouit qu'ils aient les mêmes conclusions.
Donc il confirme bien la dysplasie bilatérale des deux hanches, avec fissuration du labrum de la hanche droite.

Il me dit que l'opération qui fonctionne bien sur ce type de pathologie est l'Ostéotomie Péri-Acétabulaire (ou Ostéotomie de Ganz). Elle dure environ 1h30 et l'hospitalisation est de 3 à 5 jours. La cicatrice, située dans l'aine, et assez discrète. 

Les suites opératoires sont relativement simples (pas besoin de séjour en centre de rééducation), pas d'appui pendant 1,5 à 2 mois, puis réapprentissage de la marche pendant 1,5 mois.
Je me fais opérer le 13 juillet !

Je lui parle aussi de mes tendinopathies, notamment aux genoux, et il me répond que les douleurs viennent sûrement (du moins en partie) de la dysplasie, qui provoque une torsion des membres inférieurs et donc une souffrance des articulations. 
Il note aussi que mes hanches sont hypermobiles, et que c'est en partie la cause de l'échec du traitement de la dysplasie quand j'étais nourrisson. En effet, le fémur, n'étant pas assez maintenu par les ligaments, venait buter contre mon bassin et empêchait la croissance normale de ma hanche.
Par ailleurs, il me prévient que la hanche gauche posera sûrement problème elle aussi, dans quelques temps ...