Qui perd la santé perd beaucoup, qui perd un ami perd encore plus, mais celui qui perd le courage perd tout. [Cervantès]

lundi 13 juillet 2015

Jour J post-op !

Après m'avoir descendue au bloc, installé mon cathéter et injecté de l'Hypnovel, je me réveille en salle de réanimation. Je ne me suis rendue compte de rien. Je sens qu'on m'enlève le tuyau qui me permettait de respirer, et qu'on me place un masque. Tout doucement, je me réveille. Je suis contente car je n'ai pas trop mal. L'horloge indique 16h, l'opération a dû durer environ une heure. J'ai une sonde urinaire, car je ne vais pas pouvoir marcher les premiers jours.
Plus l'heure avance, plus je sens la douleur qui apparaît dans ma hanche. L'infirmier me demande si j'ai mal, je lui réponds que c'est encore supportable, mais il me dit qu'il ne faut pas attendre d'avoir très mal. Il m'injecte donc une dose de morphine en intraveineuse. Le chirurgien passe me voir, il regarde si je peux bouger ma jambe (au cas où un nerf aurait été sectionné). Il me conseille de mobiliser mon genou dans tous les sens et de me redresser pour calmer la douleur. 




A 17h, je remonte dans ma chambre. Mais le fait de me relever me fait vomir de suite. Je reste donc allongée. Je place des poches de glace sur ma hanche pour soulager la douleur.
Le soir, la clinique a prévu un repas copieux, et je n'ai vraiment pas envie de manger. L'aide-soignante me propose plutôt du jambon avec du pain et du beurre, plus facile à avaler que de viande et des féculents trop épicés !

La nuit est difficile. Je me réveille toutes les 2h, car la douleur est insupportable. A 3h40, je sonne l'infirmière, et elle me pose une perfusion d'anti-douleur + anti-inflammatoire. J'arrive à me rendormir un peu.

Compte-rendu opératoire

COMPTE RENDU OPÉRATOIRE

Rappel clinique :
il s'agit d'un patient qui présente une dysplasie de hanche extrêmement douloureuse.

Ostéotomie périacétabulaire droite et ouverture capsule avec création d'un sillon sur la face antérieure du col à la jonction tête col

Intervention :
Anesthésie générale, décubitus dorsal, table orthopédique.
Abord bikini inguinal.
On désinsère par une pastille osseuse toute l'arcade crurale qu'on emporte dedans. On passe en dedans du fascia lata. On désinsère la membrane obturatrice. On retrouve le sillon rétrocotyloïdien et on pratique le premier trait d'ostéotomie en utilisant les ciseaux de Mast et les ciseaux de Ganz pour faire un trait bien régulier.
On va ensuite sectionner le pubis au ras du cotyle et le troisième trait en partant de l'épine iliaque antéro-supérieure vers le détroit supérieur perpendiculaire à celui-ci.
Le dernier trait rejoint le premier et le troisième en passant un centimètre en avant du bord postérieur de l'os coxal.
On mobilise le cotyle sans trop de difficultés, on va pouvoir lui retrouver une bonne position en modifiant l'angle acétabulaire d'environ 20° sans augmenter la rétroversion. On stabilise par deux vis.
Ouverture de l'articulation, on vérifie le labrum, celui-ci est de petite taille et semble relativement correct. On ne va donc pas y toucher, ni le réséquer, ni le réinsérer. On lâche la traction, on referme l'articulation par deux points.
Grand lavage.
Fermeture sur drain de redon.
Une dernière vis maintient la pastille d'épine iliaque antéro-supérieure.

Soins post-opératoires :
Pas d'appui pendant 45 jours.

Jour J !!

Le jour J est arrivé !
Je suis arrivée hier en début d'après-midi. Un peu galère de prendre le train et le bus avec la valise, les béquilles et le fauteuil roulant. Mais Flavien a bien géré, heureusement qu'il était là ! 

Installation dans la chambre, changement de chambre car trop petite pour deux, dossier médical organisé par l'aide-soignante, 2 prises de sang, radios de la hanche, tension, température, passage de l'anesthésiste, choix des petits déjeuners, repas (trop épicé !!), petit film, douche désinfectante,  puis dodo.
Réveillée à 4h de matin (trop stressée), j'essaye de me rendormir mais impossible. 

A 7h, prise de la tension et de la température. 
7h45 : Passage du chirurgien, qui regarde les radios d'hier. L'aide-soignante me prévient qu'il ne faut plus rien avaler après le petit-déjeuner. 
8h : Petit-déjeuner sans résidus pour moi... Et pour Flavien ! Ils ont oublié la moitié de son repas, mais promis ce sera mieux demain. J'appelle pour demander que le repas de ce soir soit sans poivrons, mais il y en a dans tous les plats :-(


Douche désinfectante prévue à 12h, préparation au bloc et opération prévue pour 14h...


vendredi 3 juillet 2015

J-10 avant l'opération

Une ostéotomie péri-acétabulaire (ostéotomie de Ganz) est prévue pour le 13 juillet !

En attendant, mon trouillomètre est à zéro, comme on dit ^^

mardi 2 juin 2015

Consultation avec le Chirurgien Orthopédique N°5

Me voici donc à Paris, de nouveau pleine d'espoir !
Je suis assez confiante, ce chirurgien est un grand nom de la chirurgie de la hanche. Il a publié de nombreux articles sur le sujet, les avis des patients sont bons, et il est mentionné sur plusieurs forums en tant que référence en France pour les pathologies de la hanche.



Le trajet depuis le sud de la France est difficile, car cette fois je suis seule, je dois tirer ma valise et avec une main qui tient la béquille, ce n'est pas toujours évident. Le trajet en train est assez confortable car à l'aller je suis en première, et je peux étendre ma jambe.





Arrivée en Gare de Lyon, pause déjeuner au Montreux Jazz Café en attendant mon papa. Il paraît que leurs hamburgers sont bons ^^




Mais parlons un peu de cette fameuse consultation ...
Après avoir vu mes radios, mon IRM, mon arthroscanner, et avoir fait l'examen clinique, il confirme totalement le diagnostic du précédent chirurgien ! Il a lu sa lettre après avoir posé le diagnostic, donc il n'a pas été influencé. De plus, il me dit que le précédent chirurgien a été son élève, et se réjouit qu'ils aient les mêmes conclusions.
Donc il confirme bien la dysplasie bilatérale des deux hanches, avec fissuration du labrum de la hanche droite.

Il me dit que l'opération qui fonctionne bien sur ce type de pathologie est l'Ostéotomie Péri-Acétabulaire (ou Ostéotomie de Ganz). Elle dure environ 1h30 et l'hospitalisation est de 3 à 5 jours. La cicatrice, située dans l'aine, et assez discrète. 

Les suites opératoires sont relativement simples (pas besoin de séjour en centre de rééducation), pas d'appui pendant 1,5 à 2 mois, puis réapprentissage de la marche pendant 1,5 mois.
Je me fais opérer le 13 juillet !

Je lui parle aussi de mes tendinopathies, notamment aux genoux, et il me répond que les douleurs viennent sûrement (du moins en partie) de la dysplasie, qui provoque une torsion des membres inférieurs et donc une souffrance des articulations. 
Il note aussi que mes hanches sont hypermobiles, et que c'est en partie la cause de l'échec du traitement de la dysplasie quand j'étais nourrisson. En effet, le fémur, n'étant pas assez maintenu par les ligaments, venait buter contre mon bassin et empêchait la croissance normale de ma hanche.
Par ailleurs, il me prévient que la hanche gauche posera sûrement problème elle aussi, dans quelques temps ...

jeudi 2 avril 2015

2e Consultation avec le Chirurgien Orthopédique N°4

Cela fait 4 mois depuis mon rendez-vous avec le dernier chirurgien. Comme il me l'avait conseillé, j'ai continué la natation / balnéothérapie 3 fois par semaine pour muscler ma hanche, et j'ai perdu 3 kilos. Je n'ai pas réussi à perdre plus, car les efforts physiques sont trop douloureux. 
Malheureusement, malgré les espoirs fondés dans ce traitement, il n'y a aucune amélioration de ma symptomatologie. Je décide donc de reprendre rendez-vous au bout de 4 mois, et non 6 comme c'était prévu.

Lors de la consultation, il paraît différent de la première fois, un peu moins sûr de lui. Il me réexamine, flexion, extension, rotation interne et externe de la hanche ... Là, il me demande si je n'ai pas une autre maladie, car ce n'est pas normal que j'ai mal dans tous les sens de rotation de la hanche, et que j'ai mal en nageant ! Je n'ai pas, à ma connaissance, d'autre maladie, à part les tendinopathies et la dysplasie de hanche !
Je lui glisse que les douleurs sont sûrement amplifiées par les tendons douloureux, mais il ne sait pas ... 

Après 5 minutes de réflexion, il me propose d'aller voir son confrère sur Paris, pour avoir son avis de grand spécialiste. Il préfère que l'on soit sûrs du diagnostic, pour que la prise en charge soit vraiment adaptée. Il me dit qu'il pourrait simplement opérer la dysplasie, mais il a peur que ce soit inefficace et que j'ai toujours mal par la suite. Cela me rassure vraiment qu'un chirurgien prenne autant de précautions pour ses patients, et qu'il n'opère pas "à tout-va".
Il me dit de ne pas m'inquiéter, qu'ils vont s'occuper de moi.

Il rédige donc une lettre pour son confrère de Paris, et me dit qu'il faut prendre rendez-vous avec lui "sans urgence". Oui enfin, je suis en arrêt de travail depuis plusieurs mois, donc si, pour moi c'est une urgence ! (les médecins ne mesurent pas vraiment la portée de cette situation ...).

Enfin, il me prescrit un arthroscanner de la hanche droite (le dernier date de 9 mois).

vendredi 19 décembre 2014

Consultation avec le Chirurgien Orthopédique N°4 (pour un troisième avis)

Après avoir vu 3 chirurgiens, 3 rhumatologues, 2 ostéopathes, 1 algologue, 1 psychiatre, et n'ayant toujours pas de solution à mon problème de hanche, je décide d'aller voir un 4e chirurgien orthopédique, afin qu'il tranche entre les deux diagnostics très différents des précédents chirurgiens.

Cette fois-ci, je me renseigne moi-même sur internet. Je trouve le nom de deux chirurgiens spécialistes de la hanche. Ils ont écrit plusieurs publications en rapport avec les problèmes de hanches chez le sujet jeune, et ont déjà travaillé ensemble. Vu qu'il y en a un qui consulte à moins de 2h de chez moi, je décide de prendre rendez-vous chez lui.

Par miracle, j'arrive à obtenir un RDV très rapidement (contrairement à tous les autres spécialistes).

Lors de la consultation, je lui explique toute mon histoire. Il me prévient d'emblée qu'il ne traite pas les genoux.

Lorsqu'il regarde mes radios, il m'annonce qu'il y a bien une dysplasie bilatérale des hanches. 



Il regarde ensuite mon arthroscanner, et voit de suite la fissure du labrum.



Ensuite, il m'examine, me fait faire des mouvements de hanche dans différentes directions, teste mes muscles, mes tendons ... Les douleurs que j'ai à la flexion de la hanche confirment la fissure du labrum. J'ai également une hypermobilité des deux hanches.

Il est vraiment très étonné que le chirurgien de Toulouse soit passé à côté du diagnostic, car c'est un chirurgien réputé.

Voici son compte-rendu :

L'examen physique montre une douleur franche et isolée en FADRI (Flexion - Adduction - Rotation Interne), ce qui est typique d'une coxopathie et qui contraste avec l'absence de douleurs à la contraction contrariée du psoas et du moyen fessier. Les hanches sont hypermobiles, les amplitudes côtées à 130/0 40/30 60/40. Il n'y a pas de déficit neurologique, les réflexes sont vifs et symétriques. Les enthèses tendineuses ne sont pas particulièrement douloureuses ce jour.

Sur le plan de l'imagerie, on note différents aspects pathologiques.

D'un point de vue morphologique, il existe une découverture externe sévère avec un angle VCE mesuré à 16° pour une normale supérieure à 25°*. La couverture antérieure (VCA) est identique, avec la même insuffisance. Cette dysplasie acétabulaire s'associe à une coxavalga modérée (angle cervico-diaphysaire mesuré à 140°). 


Le diagnostic de conflit de hanche a été évoqué mais la tête fémorale est bien ronde et le col bien échancré, sauf sur quelques coupes de scanner qui ne sont pas forcément pathologiques vue l'insuffisance de couverture.

D'un point de vue lésionnel, il existe une souffrance articulaire avec une profonde désinsertion du labrum postéro-supérieur et de discrets remaniements de l'os sous-chondral. Il n'y a pas de signe radiologique d'arthrose, pas d'anomalie IRM.

Au total, s'il existe indiscutablement une fragilité tendineuse, le problème de la hanche droite est largement favorisé par cette dysplasie sévère associée à la lésion du labrum et à une souffrance très probable du cartilage.

En me basant sur cette hypothèse, je recommande très vivement à la patiente de perdre au moins 5kg et de limiter toutes les activités sportives à risque comme les sports en appui, et en particulier les sports avec impact. Elle doit pour autant effectuer un entretien musculaire régulier pour stabiliser sa hanche : la natation et le vélo me semblent idéals.

Si ces mesures simples ne suffisent pas, il faudra discuter une stratégie interventionnelle qui devrait comprendre une correction de la dysplasie (butée de hanche ou ostéotomie péri-acétabulaire) et le traitement de la lésion du labrum. Il s'agira d'une intervention conséquente, avec des suites opératoires relativement longues, d'où l'enjeu actuel d'éviter le recours à la chirurgie.


Au final, je suis vraiment contente, car ce chirurgien est vraiment sûr de lui concernant le diagnostic. Il voit fréquemment des patients dans mon cas, et il n'y a pas de doute possible. De plus, il me donne confiance car il voudrait éviter l'opération !
Je lui demande par contre à quel moment je dois le recontacter si ces mesures, relativement douces, n'ont pas fonctionné. Il me dit de le rappeler dans 6 mois. C'est vraiment très long, et à mon avis je ne vais pas attendre autant ...





* Rappel : l'angle VCE est de 19° pour le chirurgien de Montpellier (22° pour le radiologue), et l'angle VCA est de 17° (21° pour le radiologue). Les calculs des 2 chirurgiens sont assez proches.